
Filière bois-paille : une dynamique qui se poursuit entre les pays du Lunévillois et Terres de Lorraine
En juin dernier, les pays du Lunévillois et Terres de Lorraine, en partenariat avec notre agence Lorr’Up, initiaient une étude pour évaluer le potentiel de développement d’une filière biosourcée sur le territoire, autour de la valorisation des ressources locales en paille et en bois dans les secteurs du BTP et de l’énergie.
Le 2 octobre, les parties prenantes du projet se sont réunis pour découvrir les résultats finaux de cette étude, conduite dans le cadre de la dynamique Territoires d’industrie.
Faire des matériaux biosourcés un moteur de résilience et de développement territorial
Labellisés Territoires d’industrie, les pays du Lunévillois et Terres de Lorraine explorent le potentiel de développement d’une nouvelle filière biosourcée sur le territoire, soutenant l’usage des ressources naturelles dans la rénovation, la construction et le domaine énergétique.
Afin d’en évaluer la faisabilité, une étude a été lancée en juin 2025, conduite par les bureaux d’étude CERESCO et FRD – CODEM, pour réaliser un état des lieux du gisement local, plus précisément des ressources en paille et en bois, évaluer les besoins des acteurs concernés à l’échelle régionale et mettre en exergue des scénarios de développement économique de cette filière.
Cette étude prend notamment en compte les autres usages de ces ressources, comme l’élevage, le retour au sol et l’industrie, pour assurer une utilisation complémentaire et durable du gisement.
Ces travaux, qui répondent à la fois à des enjeux environnementaux, économiques et réglementaires, visent à inscrire les territoires dans une trajectoire de résilience face aux défis climatiques, en complément d’autres solutions telles que la végétalisation, tout en répondant aux évolutions de la réglementation.
La Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020), qui encadre la construction des bâtiments neufs, ou encore la loi Climat et Résilience, qui imposera dès 2030 l’utilisation des matériaux biosourcés dans au moins 25 % des rénovations lourdes et des constructions publiques, constituent des références essentielles à intégrer dans les projets de construction et de rénovation.
Dans le Grand Est, la filière biosourcée émergente est soutenue par des acteurs tels que le Réseau Français de la Construction Paille (RFCP), la Filière Paille Grand Est, le Collectif Biosourcés Grand Est et Envirobat Grand Est, qui ont partagé leurs expériences dans le cadre de cette étude de faisabilité.
Plusieurs temps forts ont marqué le déroulement de cette démarche, en particulier :
- La visite de l’entreprise Manufacture Bois Paille à Villefranche-sur-Saône, qui conçoit, fabrique et commercialise des murs en ossature bois isolés avec des bottes de paille et des matériaux biosourcés pour tout type de bâtiments ;
- Une rencontre avec les acteurs de la construction pour échanger sur les enjeux et les avantages des bioressources, et découvrir des exemples concrets d’emploi de ces matériaux ;
- Des ateliers de travail destinés à nourrir la réflexion collective sur le modèle économique de la filière ;
- La découverte d’un chantier de construction en cours à Flin, commune du Pays du Lunévillois, qui intègre des panneaux de bois isolés en paille hachée.
Un potentiel local à valoriser
Les résultats finaux de cette étude, présentés le 2 octobre 2026 en présence de l’équipe projet, de techniciens et des élus des territoires engagés dans cette démarche, dressent un état des lieux des ressources et des filières paille et bois, tout en mettant en avant les opportunités qu’elles représentent.
Parmi les éléments relevés :
- Les feuillus qui composent principalement les forêts locales, ainsi que les arbres dépérissants, pourraient contribuer au développement des filières bois d’œuvre et bois-énergie.
- Les volumes de paille disponibles à l’échelle départementale, une fois pris en compte les autres usages prioritaires de cette ressource, apparaissent suffisants pour répondre aux besoins en isolation des bâtiments. À titre d’exemple, l’isolation d’une maison de 100 m² nécessite environ 600 bottes de paille.
- La valorisation de ces ressources repose notamment sur le savoir-faire des acteurs des filières, parmi lesquels les scieries, charpentiers, agriculteurs, architectes ou encore maitres d’œuvre.
Les conclusions de l’étude offrent des perspectives concrètes pour le développement d’une filière biosourcée locale, en s’appuyant sur les ressources réelles et les savoir-faire présents sur le territoire.
Des leviers concrets pour structurer la filière
Au-delà de ces principaux enseignements, cette étude a permis d’identifier plusieurs leviers pour permettre le développement progressif de la filière et massifier l’utilisation des matériaux biosourcés.
Structurer les approvisionnements locaux
Les acteurs du territoire – agriculteurs, acteurs de la filière bois, entreprises du bâtiment, acteurs publiques – ont un rôle essentiel à jouer dans la structuration de cette dynamique. L’engagement de l’ensemble de l’écosystème doit permettre de faire émerger des projets communs, au profit du développement économique et de la résilience du territoire.
Accompagner la montée en compétences
Le développement de la filière repose sur la formation aux spécificités techniques liées aux matériaux biosourcés, notamment en cohérence avec les Règles Professionnels du RFCP et les contraintes règlementaires liées.
Soutenir la demande via la commande publique
L’accompagnement des collectivités et des entreprises constituent un maillon essentiel pour renforcer la demande émergente. La commande publique peut contribuer à promouvoir les acteurs locaux et à favoriser l’intégration des matériaux biosourcés dans les projets de construction et de rénovation.
Gouvernance et mise en réseau
La coordination des acteurs du territoire représente un levier essentiel de la structuration de la filière. L’identification de référents pour chaque axe de développement et la prise en compte des initiatives déjà à l’œuvre sur le territoire permettra d’inscrire la démarche dans une dynamique collective et coordonnée, en s’appuyant sur les complémentarités et les compétences de l’écosystème.
Une coopération qui se poursuit sur le Sud Lorraine
Cette étude permet ainsi de disposer d’une meilleure connaissance des ressources disponibles et de l’écosystème existant, et des conditions nécessaires au développement d’une filière biosourcée locale.
La dynamique, portée par les pays du Lunévillois et Terres de Lorraine, en partenariat avec notre agence Lorr’Up et avec le soutien du programme Territoires d’industrie, se poursuit concrètement sur le territoire, avec la volonté de faire dialoguer les acteurs, d’accompagner l’émergence de projets locaux et de favoriser le développement de constructions et de rénovations plus performantes et durables.
Nous souhaitons vivement remercier l’ensemble des participants à cette rencontre :
- Dominique Potier, Député de la 5ème circonscription de Meurthe-et-Moselle
- Thomas Bailly, Directeur adjoint – Pays Terres de Lorraine
- Philippe Daniel, Président – PETR du Pays du Lunévillois
- Alain Godard, Vice-président – Communauté de communes du Pays de Colombey et du Sud Toulois
- Mathilde Cartwright, Chargée de développement des énergies renouvelables – Pays Terres de Lorraine
- Inès Rousset, Chargée de mission transition écologique – Communauté de communes Moselle et Madon
- Olivier Heyob, 1er Adjoint à la Ville de Toul
- François Philippe, Vice-président délégué à l’environnement – Communauté de communes de Vezouze en Piémont
- Gaël Thirion, Vice-président délégué à l’environnement et à l’agriculture – Communauté de communes du Territoires de Lunéville à Baccarat
- Guillaume Cornil, Directeur – PETR du Pays du Lunévillois
- Xavier Colin, Vice-président – Communauté de communes Terres Touloises
- Margot Dubois, Agent de développement local – Pays Terres de Lorraine
- Hervé Bertrand, Vice-président – Communauté de communes du Territoire de Lunéville à Baccarat
- Johan Mertz, Conseiller en énergie – Pays Terres de Lorraine
- Cyprien Villemain, Conseiller en énergie – PETR du Pays du Lunévillois
- Emmanuel Collin, Chef de projet Territoires d’industrie Pays Terres de Lorraine – Lorr’Up
- Emilien Kany, Chef de projet Territoires d’industrie – PETR du Pays du Lunévillois
- Audrey Mayery, Responsable de développement économique Pays du Lunévillois – Lorr’Up
- Benoît Legouge, gérant Études Bois du Barrois
Référents :
Emmanuel Collin, Chef de projet Territoires d’industrie – Pays Terres de Lorraine
Emmanuel.collin@lorr-up.fr
Emilien Kany, Chef de projet Territoires d’industrie – Pays du Lunévillois
emilien.kany@pays-lunevillois.com

Justine George
Chargée de communication et valorisation des entreprises





